Licencier, c’est facile. c’est pas cher et…

 

Résultat de recherche d'images pour "gattaz"

Pas cher, facile, rapide… bref efficace pour se séparer d’un « collaborateur encombrant », d’un élément « gênant », le licenciement abusif est décidément la panacée ! On ne dira plus « j’ai obtenu une rupture conventionnelle », mais j’ai été viré.e, lourdé.e, jeté.e avec mon pactole d’un mois de salaire.

Ce qui est énorme dans cette disposition, c’est son côté immoral. « Les employeurs n’auront plus peur de licencier » souligne cet article de Libération du 19 novembre, comme si le problème du chômage de masse était celui-là. De plus, cette pratique du licenciement abusif risque fort d’être la procédure « normale », « coutumière », encouragée par un barème de référence qui deviendra la norme, fixée « au catalogue ». Le salarié précarisé à l’extrême, ne progressera plus dans l’échelle des rémunérations (pour les rares qui en bénéficient encore), mais en fonction de l’indemnité à laquelle il pourra prétendre en cas de licenciement abusif.

Un patron aura, désormais, tout intérêt à pratiquer un licenciement abusif plutôt qu’un licenciement économique. C’est en quelque sorte, une prime au comportement malhonnête. Un patron pourra dorénavant, mettre un travailleur à la porte, sans se chercher d’excuse et sans se justifier, c’est le propre d’un licenciement abusif. Celui-ci lui coûtera moins cher qu’une procédure « ordinaire », un pousse au crime en vérité. De plus, un patron malveillant, pourra licencier des personnels de manière anticipée dans le seul but d’en limiter le coût. Le contrat à durée indéterminée ne sera, dès lors, qu’un bon vieux souvenir, mais n’est-ce pas là, le but essentiel de ces scélérates ordonnances ?…

Lorsque l’on sait que 85 % des contrats signés sont aujourd’hui des contrats précaires (CDD, intérim, etc.), avec ces ordonnances, nous atteindrons vite les 100%. Soulignons que c’est sans compter les temps partiels contraints, quasi exclusivement occupés par des femmes, qui ne permettent pas une paye suffisante pour vivre dignement. C’est le cas, en particulier, des emplois dans la grande distribution et chez les aides à domicile. Cette vision jetable des salariés dévalorise le travail, nie les métiers et les savoir-faire. C’est humainement destructeur et économiquement nuisible (Avenir en Commun – chapitre 25 – p 53). Nous ne devons donc pas perdre de vue que l’objectif en terme de contrat de travail fixé par le programme de l’Avenir En Commun est de réaffirmer dans les faits le CDI comme norme du contrat de travail.